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« Je vois l’Esat comme un tremplin »

Dans cette série de trois articles, les Lettres d’Alice vous font partager les témoignages recueillis lors du reportage en Esat (Établissement et service d’aide par le travail) publié en mai. Des récits de vie éclairants sur la réalité plurielle du handicap psychique.  Voici le témoignage de Benoît.
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“Quand j’ai eu 25, 26 ans, j’ai commencé à ressentir de l’angoisse, de l’anxiété, de la paranoïa. J’ai passé un bac pro service, pendant lequel j’ai suivi des cours de comptabilité, d’histoire géo, de maths, de micro-économie… J’ai enchaîné sur un BTS développement et animation des territoires, avec des cours d’informatique, de méthodologie de projet, d’histoire rurale… Je n’ai pas trouvé de travail dans mon domaine, alors j’ai fait 2000 h d’intérim en logistique et en manutention, dans une industrie de cartonnerie. J’ai suivi une formation en transport et logistique, et j’ai commencé à apprendre la programmation web en autodidacte. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à être angoissé. J’avais sans cesse l’impression que les gens me voulaient du mal.

“Quand j’étais à l’hôpital de jour, je n’avais plus de but”

J’habitais en Bourgogne : je suis revenu chez ma mère, à Paris, pour voir des spécialistes. J’ai été en hôpital de jour pendant un an et demi, puis je suis passé par un service spécialisé d’aide à l’insertion professionnelle. Quand j’étais à l’hôpital de jour, je n’avais plus de but. Venir travailler ici, ça me permet de retrouver ma motivation, d’être content de me lever le matin pour faire quelque chose. Dans ma famille, ils ont été compréhensifs. Enfin, tous ne savent pas que je travaille dans un Esat. Je ne l’ai pas dit à tout le monde.

Je suis là depuis un peu plus de deux ans. Je le vois comme un tremplin, j’aimerais revenir en milieu ordinaire. J’ai déjà fait des prestations à l’extérieur. J’aime bien travailler à l’Esat, c’est une façon de rester dans mon confort. Mais je suis bilingue, alors j’aimerais faire de la gestion administrative. J’ai travaillé un peu aux US, aussi. Pour moi, je n’ai pas eu de souci avec le travail en milieu ordinaire. Je ne pense pas que mon anxiété soit liée à ça.”

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