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Religion au Japon : les coulisses de la lettre !

Bonjour à tous nos adorables, merveilleux, exquis (j’en fait trop ?) lecteurs ! Ici Morgane, journaliste pour les lettres d’Alice. Aujourd’hui, on vous présente les coulisses de la lettre d’Alice de janvier. Ceux qui ont eu la chance de la recevoir dans leurs boîtes aux lettres ont pu à nouveau faire un tour au Japon. Je l’avoue, j’ai un petit faible pour ce pays où j’ai passé une année complète, et j’ai plus d’un sujet dans mon sac sur ces contrées ! Cette fois-ci, c’est le rapport à la religion des japonais qui a été scruté à la loupe par notre chère Alice, qui s’est ainsi retrouvée entraînée dans un temple le jour du nouvel an, dans un cortège religieux shinto… Démêlons un peu le réel du fictif dans cette lettre, pour votre plus grand plaisir !

Pourquoi cette lettre ?

J’ai habité au Japon pendant un an, et le rapport des Japonais à la religion m’a très rapidement fascinée. Il faut dire que je vivais juste à côté du fameux temple shinto Yoshida Jinja dont parle Alice dans sa lettre. En quelques volées de marches, je pouvais m’y retrouver. Un petit écrin de nature juste en bordure d’une ville d’un million et demi d’habitants. J’ai donc souvent eu l’occasion d’assister à des rituels, au fil des saisons. J’habitais aussi non loin d’un hall de mariage chrétien : c’est là que j’ai découvert ce principe du christianisme carton pâte, que l’on pratique lors du mariage parce que c’est “joli”. J’ai alors commencé à m’intéresser de près à la façon très naturelle dont les japonais croisent les croyances au quotidien, sans se soucier d’une quelconque notion d’exclusivité religieuse.

Ce qui est fictif

– L’ordre des faits : en fait, mon premier contact avec la religion japonaise a même été un poil plus rocambolesque que celui d’Alice ! Je vivais dans une maison traditionnelle, ma chambre au sol en tatamis était ouverte sur l’extérieur, et j’ai entendu un étrange son de tambours. Le quartier était très calme, et ce son m’a follement intriguée : suffisamment pour me faire sortir de ma tanière, alors que le décalage horaire ramollissait encore fortement mon cerveau ! Je suis tombée sur une procession shinto qui défilait dans mon quartier. Moi qui ne connaissait encore rien à tout cela, j’ai vécu ce moment un peu comme un rêve éveillé. Par la suite, j’ai effectivement pu vivre tous les moments et les rites racontés dans la lettre, mais cette découverte s’est faite sur plusieurs années, au fur et à mesure que je m’y intéressais. 

– Le nom de mon amie : les Japonais ont  tendance à être très pudique sur ce qui relève de leur intimité familiale. J’ai donc changé les noms dans cette lettre. En revanche, j’ai réellement été invitée avec une grande générosité dans la famille de “Momoko”, et elle m’a souvent fait découvrir de chouettes aspects traditionnels (et moins traditionnels !!) du Japon.

Ce qui ne l’est pas du tout, et c’est plutôt rigolo

– Le nouvel an à 6h du matin : dans la famille de Momoko, j’avais l’habitude de veiller assez tard avec mon amie. Lorsqu’elle m’a expliqué que nous allions nous lever à 6h du matin pour nous rendre au temple, j’ai d’abord cru à une blague… Mais non ! J’étais donc plutôt somnolente pour cette découverte passionnante.

– Lorsque j’étais étudiante dans une université japonaise, j’ai un jour été invitée à assister au déroulement du “matsuri”, festival local de mon quartier. Lorsque les membres du cortège m’ont vue, fascinée, les suivre pendant toute une partie du trajet, ils ont fini par m’inviter à porter avec eux le saké destiné au “kami”, à la divinité locale. Je reste à ce jour persuadée que le sweat rouge que je portais ce jour là, assorti à la tenue traditionnelle, m’a permis de m’intégrer bien plus facilement !

Mes sources écrites

Pour les curieux qui souhaiteraient approfondir le sujet, voici les sources écrites sur lesquelles je me suis appuyée pour compléter mes reportages de terrain. 

– Jean-Michel Butel, Les religions au Japon, synthèse, Inalco

– Jean-Pierre Berthon, « Les formes de la pratique religieuse au Japon : persistance et changement », Civilisations, 39 (1991)

– Dictionnaire historique du Japon, Matsuri (1988)

–  Emi Mase Hasegawa, Le religieux dans la vie au Japon, Espiritus et La Croix

– Kiyomi Morioka, Les religions contemporaines du Japon : coexistence et conflit, revue française de sociologie (1967)

– Christian Bernard, Le christianisme au Japon : une greffe difficile, Institut géopolitique et culturel Jacques Cartier

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